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 Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...

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MessageSujet: Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...   Lun 1 Mai - 0:38
Intervention MJ : NonDate :  17 Avril 2830 RP Tout public
Kaylin Volkov ♦ William Kayne ♦
Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...

L’aube imitée par un éclairage artificiel se leva au rythme d’une musique lente, tapissant les parois des quartiers C-3449 d’un orangé-doré qui donnait à la pièce une ambiance feutrée. La silhouette allongée sur le lit n’avait rien manqué du spectacle, et si celui-ci appelait à la sérénité, c’est un sentiment contradictoire que dissimulaient depuis des heures ces yeux verts qui n’avaient eu de cesse de fixer le plafond toute la nuit.

Ce serait aujourd’hui, ce jour qu’elle avait espéré dans une autre galaxie, et qui arriverait finalement après plus de six cents ans d’attente. Cette réflexion préoccupait depuis plusieurs heures la terrienne allongée là. Aspirer toute une vie à intégrer une force d’intervention d’élite et consacrer son existence à la réalisation de ce souhait ne pouvait être un rêve raisonnable, ni même un rêve enviable. Mais elle... elle que l’on avait privé d’enfance, d'entourage et d’espérances, aurait-elle pu rêver d’autre chose ? Comment désirer l’inconnu et la norme lorsque l’on est conditionné à vivre pour combattre ?

C’était bien là un fonctionnement contre lequel l’humaine aurait à lutter. Elle aurait beau intégrer l’élite du Nexus aujourd’hui, son combat le plus complexe serait assurément celui contre elle-même. Elle ne pouvait vaincre Katya Zhukovsky en une seule bataille, mais en une guerre de plusieurs années.

Un discret soupir s’échappa des lèvres entrouvertes du Major. Ici encore, alors que plus de deux millions d’années lumières la séparait de la Voie Lactée, que celui même qui avait forgé sa personnalité avait rejoint le Royaume des Morts depuis six siècles, ils étaient là : ce père impitoyable, son enseignement intraitable, leurs conséquences inaltérables. Accéder à son rêve lui permettrait-il de s’en découvrir un nouveau ? C’est en tout cas l’espoir que la sibérienne se donnait. Se redressant finalement de cette position qu’elle avait occupée sans jamais s’endormir, la jeune femme se leva pour mécaniquement se diriger vers le terminal de son bureau qu’aucun objet personnel n’ornait.



[Nouveau message]
Objet : Entretien Incorporation APEX T6





Major,

Comme initialement indiqué hier lors de notre conversation, l’entretien pour l’incorporation APEX Team Six se tiendra ce jour. Vous serez directement reçue par l’officier en charge de l’unité, le Capitaine Kayne, au quartier général de l’APEX - Centre des Opérations du Nexus. Veuillez vous y présenter à 14:00.

Et avant que vous en ayez l’idée, sachez que le dossier du Capitaine Kayne ne sera pas accessible avec vos accréditations du SSN, inutile d’essayer.

Par ailleurs, j’aurais préféré ne pas avoir à annoncer moi même votre transfert à Weissner… Ce n’est pas votre genre et je préfère ne pas connaître la raison de ce manque de professionnalisme de votre part, mais pour le coup, vous avez merdé Volkov.

Quoiqu’il en soit vous méritez ce poste. Bonne continuation et tâchez, avant de les perdre, de poser les trop nombreux jours de congés accumulés depuis 2825, la hiérarchie n’acceptera jamais de les convertir en crédits.  

Prenez soin de vous.

Commandant Axius Vardis
SSN Division RI - Bureau B-02





Le champ “Accusé réception” fut coché, puis la messagerie coupée. Quatorze heures donc… Ce qui lui en donnait neuf à devoir combler. Hors de question de trainer dans le secteur du SSN puisque cela lui ferait courir le risque de croiser celui qu’elle préférait éviter. Kaylin allait devoir remplir sa matinée, et cela commencerait pas se rendre au complexe sportif situé à l’opposé de la position théorique de Weissner. Elle s’acheta en chemin un mets angara au nom imprononçable mais au goût délicieux, puis poursuivit sa route d’une allure rapide et machinale qui laissait supposer d’un long passif militaire. Quatre heures d’exercices physiques plus tard, c’est d’un même pas mécanique qu’elle parcourut le chemin inverse, rejoignant ses quartiers pour prendre une douche et se remettre à fixer le plafond... Pour finalement baisser les yeux vers son réveil. Dix heures… Dix heures trente… Onze heure…

Nouveau soupir. Elle qui était si patiente sur le terrain ne l’était pas en dehors. L’ennui finissait toujours par générer chez elle une introspection désagréable. Et quand bien même la russe pouvait être occupée toute la journée, son subconscient la dérangeait la nuit. Toutefois ce problème là s’était dissipé un temps. Subir deux stases rapprochées, dont l’une en ayant été dans un état de blessures sévères, avait généré chez elle une perte momentanée de souvenirs et sensations à son réveil en 2824. Des pans relatifs à l’enfance et l’adolescence avaient été altérés voire occultés de sa mémoire épisodique, lui permettant en définitive de mieux dormir, mais d’un autre côté, de se questionner sur les trous à combler. Son processus de remémoration avait finalement rouvert une porte condamnée par son père il y a des années, celle d’une sensibilité particulière qui faisait d’elle une humaine et non une machine. Toutefois et par besoin de protection, la sibérienne s’efforçait depuis de maintenir son ouverture la plus petite possible.

Le rappel de ses origines qui seraient évoquées plus tard dans la journée viendrait probablement se frayer un chemin à travers… Mais pour l’heure, Volkov devait penser à autre chose. S’installant à nouveau devant son ordinateur, elle se connecta sur le réseau du Nexus, parcourant les dernières actualités sans toutefois y accorder un intérêt véritable. De lien en lien, elle termina plus ou moins inconsciemment sur une page de vente en ligne d’un armurier proposant une remise alléchante sur un Carnifex customisé, et s’égara de la sorte dans les diverses rubriques du site et de ses partenaires, jusqu’à finalement relever le nez lorsqu’il fut treize heures. Se réchauffant un plat de chak-chak instantanés n’ayant pas grand chose à voir avec le plat qu’elle connaissait de sa Russie natale, Kaylin mangea sur le pouce pour ensuite revêtir son uniforme des Marines qu’elle dépoussiéra machinalement avec ses mains une fois devant le miroir et quand bien même il fut irréprochable.

Elle s’observa un instant dedans, ne l’ayant pas mis depuis longtemps. Intégrer l’APEX sous entendait réintégrer l’Armée. En l'occurrence, la Flotte Coloniale. Se fixant longuement de son regard émeraude, la jeune femme finit par reprendre vie pour se confectionner un chignon de rigueur, n'étant pas protocolaire de laisser une chevelure aussi longue que la sienne détachée. Fin prête, elle quitta ses quartiers pour se diriger d’un pas d’autant plus mécanique vers le Centre des Opérations du Nexus.

Après vérification de son identité, Volkov fut accompagnée au quartier général de l’APEX où on l'orienta vers la “Zone D”. Suivant les directives sans dire un mot mais en songeant à toutes les significations que pouvaient avoir le “D”... Delta… Division.. Direction...Détention ? Le Major finit par se retrouver seule, devant la porte indiquée. Elle réajusta son costume afin de faire une entrée impeccable, puis actionna finalement la porte.

... ...

Clairement pas le bureau de Kayne…
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MessageSujet: Re: Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...   Lun 1 Mai - 19:44

Comment un Elcor se cure-t-il le nez ? Ou bien quel est le comble pour un Elcor enrhumé… ?

Quelle était cette foutue blague que Jana lui avait sorti plus tôt dans la matinée déjà ? Cette question lui trottait dans la tête de la même façon qu’une mélodie peut vous parasiter le cerveau. Et d’ailleurs,  pourquoi y donnait-il une telle importance ? Cette Quarienne avait le don de le rendre chèvre, que ce soit par ses mots, ses actions ou son petit manège de l’espionner au profit de sa chère sœur… Alors pourquoi se focaliser sur une connerie du genre ? Il était plus malin que ça, nan ?

Oui, incontestablement il l’était, assurément…

- « Raaaaah » beugla pourtant de frustration le soldat alors qu’il s’engageait dans les coursives qui séparaient le mess des locaux administratifs du QG.

A croire que non au final… Cette journée ne se déroulait de toute façon pas selon le schéma qu’il avait établi au réveil. Entre un entrainement matinal un peu trop musclé, un briefing frustrant concernant l’état de son unité et un menu de midi qui laissait à désirer, les heures défilaient sans apporter un quelconque réconfort à l’officier. Par-dessus le marché, on l’avait informé à la dernière minute d’un entretien avec une recrue APEX, pourtant prévu de longue date à en croire le planning qu’un cadre administratif de la Marine lui avait fait parvenir en urgence… pendant qu’il mangeait. Il n’est donc pas étonnant de se dire que c’est un Kayne passablement remonté que se présenta audit rendez-vous avec dix bonnes minutes de retard et l’air un peu speed. Il entra dans la pièce les mains pleines, un plateau repas à demi entamé dans l’une et un datapad dans l’autre. Difficile de faire plus débile comme première impression pour un officier décoré à de multiples reprises me direz-vous ? Ça, c’était sans compter sur l’appétit de William…

- « Kayne… Mais pour ce sera Monchieur ou Capitaine. Achiyez-vous. » articula-t-il avec difficulté en guise de salutation à une rousse au garde-à-vous devant lui.

Mâchonnant ce qui s’apparentait à un morceau de pomme de terre lyophilisé, il n’accorda en premier lieu guère d’attention à la jeune femme, dont le physique ne l’aurait pourtant jamais laissé indifférent dans un tout autre cadre. Se dégageait d’elle un magnétisme auquel peu d’hommes, du moins ceux accrocs à relever d’insurmontables défis, devaient résister lorsqu’elle en usait. Mais comme la Sibérienne se trouvait là pour un motif purement professionnel, elle n’en usa point, ce qui allait grandement faciliter la suite des évènements. Elle était là pour passer un entretien, alors autant s’y attaquer au plus vite... et sans lui faire de fleur.

- « Bon… Qu’eche qu’on a là d’jà ? Major Volkov, SSN, recommandation APEX pour service exemplaire au sein du Nexus… » récapitula-t-il en parcourant les grandes lignes du datapad qu’il avait apporté tout en venant pour de bon à bout de sa bouchée...

Sur ce rappel du contexte, qui n’était destiné qu’à sa petite personne, il rejoignit  celle qui œuvrait encore comme agent du service de sécurité du Nexus aux dernières nouvelles. Attablé à l’unique exemplaire de mobilier que l’on trouvait dans le coin, à savoir une table bien banale et son duo de chaise, il se débarrassa par la même occasion de la totalité de son chargement dans un « clang » métallique sonore qui trancha avec le silence de mort qui régnait de l’endroit.

Un endroit qui n’invitait que peu à se sentir à l’aise….

Une salle d’interrogatoire, voilà à quoi ressemblaient les lieux. Une décoration totalement unie, le mobilier que leur servait déjà et une vitre sans teint derrière l’officier. Y avait-il quelqu’un derrière ? Ca, impossible de le dire et la Major n’avait de tout façon pas à le savoir.

- « Ah oui, ça me dit quelque chose… Vous êtes cette civile au passif militaire que l’on projette dans les rangs de l’élite, je vois… Ancienne de l’Alliance, réveillée dès les premiers jours de l’arrivée de l’Hypérion, a combattu les Kerts durant le crash de l’Arche... J’ai jamais compris pourquoi mon m’avait décongelé seulement plusieurs semaines après cette histoire… Enfin les autorités coloniales de l’Initiative… Sacré CV cela dit… pour un flic. » concéda le brun, non sans une pointe de dérision dans le ton.

Il posa un regard appuyé à destination de la rousse, histoire de sonder ses réactions, mais se garda bien de faire une quelconque remarque… pour le moment. Aussi préféra-t-il continuer à consulter son datapad une fois s’être éclaircit la gorge avec un bon vieux verre d’eau.

- « Spécialisée franc-tireuse, ça tombe bien j’ai besoin d’un sniper. A croire que le service mutation et recrutement fait bien son boulot… Mais on va faire simple et concis, histoire que personne ici ne fasse perdre de temps à l’autre. J’ai déjà vu deux autres candidats plus tôt dans la semaine, dont l’un est vétéran de l’invasion de 2820. On vous a surement parlé d’entretien d’incorporation ici, mais c’est plutôt un entretien d’embauche… Je ne suis pas celui qui rendra la décision finale, mais Kandros prendra connaissance de ma note d’évaluation qui fera suite à notre échange pour décider… »

Le soldat abandonna alors la lecture du dossier de son interlocutrice pour un moment, s’affalant bras croisés dans le fond de sa chaise pour la détailler d’avantage. Contre toute notion de protocole ou bienséance, il prit par la même occasion appui de ses pieds sur la table, donnant à la scène un caractère aussi cocasse que déplacé.

- « Donc voilà ce que l’on va faire : vous allez vous présenter en quelques mots, me détailler vos champs de compétence et ce que vous pensez être vos limites, votre passif avec et au sein d’Héléus, et essaierez accessoirement de me convaincre sur le pourquoi de vous choisir vous plutôt qu’un ou une autre. Pendant ce temps, je vais gentiment finir mon plateau au contenu infâme en silence tout en vous écoutant… Après cela vous aurez le droit de me poser deux questions de votre choix… puis on avisera. Vous avez la parole. »

Ce simple exercice d’ouverture en avait déstabilisé plus d’un, particulièrement face à un interlocuteur en apparence si… original. La jeune femme tomberait-elle dans le panneau ? Quoi qu’il en soit, il était temps pour elle d’ouvrir la bouche. Sur un signe de fourchette en direction de l’intéressée, pour lui donner le top départ, Kayne s’attaqua quant à lui à ce qui ressemblait à un pain de viande. Ou du moins espérait-il que s’en soit un…
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MessageSujet: Re: Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...   Mar 2 Mai - 19:14

Non...Clairement pas le bureau de Kayne…

Dans le fond de la pièce, un sous-officier figé sur place fixait en retour une sibérienne impassible. Quelqu’un se cachait-il derrière cette vitre sans tain qui lui renvoyait sa propre image ? Sans laisser la moindre réaction transparaître sur son visage, Volkov s’avança dans la pièce, continuant à fixer son reflet droit dans les yeux, comme si elle s’était imaginé qu’il y avait eu quelqu’un derrière eux. Ses pas à présent lents la firent s’arrêter à quelques centimètres de la vitre, qu’elle observa un long moment, avant de finalement faire volte face pour rejoindre l’une des deux chaises disposées de part et d’autre d’une table au centre de la pièce.

Allait-on tester sa patience et son comportement en la faisant poireauter des heures tout en la laissant s’imaginer être observée ? Cela n’aurait pas été la première fois... Probablement par volonté inconsciente de défier le potentiel individu présent derrière la vitre, la russe avait pris place sur la chaise lui permettant d’être de dos. De la sorte, et parce qu’elle n’avait remarqué aucune caméra et autre dispositif d’enregistrement dans la pièce, seul son futur interlocuteur percevrait ses réactions, empêchant quiconque pouvait être derrière cette vitre de voir son visage et de lire sur ses lèvres.

Installée droite sur son siège, mains jointes l’une dans l’autre et posées sur la table, le regard rivé vers la porte dans l’attente que celle-ci daigne s’ouvrir, la russe s’immobilisa entièrement, donnant l’impression d’avoir été stasée. De l’extérieur, seule sa poitrine se soulevant au rythme de ses respirations lentes l’animait. De l’intérieur… Elle cherchait à faire le vide, mais comme à chaque fois qu’elle se retrouvait dans une pièce close et peu chaleureuse, une partie de son esprit lui renvoyait des souvenirs amers. Mais contrairement à ce à quoi Kaylin se préparait, l’attente fut finalement de courte durée. Une dizaine de minutes plus tard s’activa en effet la porte lui faisant face, lui dévoilant un individu n’ayant clairement pas été à l’école Zhukovsky… Débarquant dans la pièce mains et bouche pleines, en semblant absolument pas préparé à faire passer le moindre entretien, celui qui se présenta comme étant le fameux Capitaine Kayne fit une drôle d’impression à celle sûrement trop professionnelle.

Cette dernière s’était d’ailleurs levée à la rapidité d’un éclair pour se mettre au garde à vous jusqu’à recevoir l’ordre de se rasseoir. Ce qu’elle fit bien évidemment en silence, ce qui ne fut pas le cas de tout le monde… Reprenant sa position neutre précédente, Volkov examina avec perplexité le contenu du plateau de Kayne tandis que celui-ci regardait son datapad. Difficile de dire ce qu’elle pensa du régime alimentaire de l’officier, ses yeux verts demeurant secrets. Ils finirent toutefois par remonter vers leur interlocuteur, passant également celui-ci à leur rayons X. À recouper ce qu’ils voyaient, et ce que Kaylin entendait, celle-ci déduit que monsieur-bouche-pleine devait être vaguement plus âgée qu’elle.

- « [...] Sacré CV cela dit… pour un flic. »

Aucune réaction. Volkov le fixa dans les yeux lorsqu’il fit de même, lui découvrant dès lors un regard bleu acier. Allez d’ailleurs savoir pourquoi son cerveau enregistra cette information…

Il fut toutefois bien plus préoccupé par celle qui suivit, Kayne lui annonçant l’existence de deux concurrents au poste auquel il était question qu’elle soit transférée ce jour.  Vardis avait-il reçu des informations erronées ou bien le Capitaine était-il entrain de la tester ? Si la surprise et le doute faisaient leur chemin dans l’esprit de Volkov, la russe n’affichait toujours pas la moindre expression, ce qui donnait au visage pâle de la sibérienne un air aussi froid que mystérieux.

Celui qui semblait ne connaître aucune règle de bienséance balança ensuite lourdement ses jambes en l’air pour poser ses pieds sur la table, sous un regard émeraude qui s’était énigmatiquement mis à examiner cette vue, pour finalement remonter une fois de plus au visage du militaire, l'officier lui donnant alors la parole.

Celle-ci ne se fit pas attendre. Toutefois son contenu ne fut lui, peut être pas attendu.

- « Puisque vous aimez comme moi le simple et concis...» fit-elle posément en référence aux précédents propos du commando. «...je ne vais pas vous faire perdre votre temps en paraphrasant tout ce qui est déjà présent sur votre datapad, mon identité et mes états de service exprimant d’eux mêmes mes limites et mes capacités. Libre à vous de personnellement les tester en condition de combat si mon parcours professionnel et mes performances aux épreuves de sélection vous laissent indécis. Je ne vais pas non plus vous bercer avec un long monologue sur le pourquoi je suis ici devant vous. Cela se résume en un mot, qui vous est certainement familier : vocation. »

Le vert déjà naturellement intense des yeux de la jeune femme sembla d'autant plus briller à mesure qu'elle parlait et continuait de fixer Kayne sans ciller.

- « Pour ce qui est de mes deux autres vraisemblables concurrents, au vu de votre discours, tout laisse à penser qu’ils ne sont pas spécialisés dans le tir de précision, sinon quoi vous n’auriez fait aucun des commentaires que vous avez tenus précédemment. J’ai d’ailleurs tendance à penser que cette histoire de candidats a été créée pour jauger ma réaction. Un officier qui n’a pas le temps de se rassasier ailleurs que dans une salle d’interrogatoire ne perdra certainement pas de temps en entretien avec deux profils qui ne correspondent pas à celui qu’il manque dans son unité.» déclara t-elle d’une traite et d’une voix étonnamment agréable.

Si le visage de Volkov n’exprimait strictement rien, le très léger accent russe qui se laissait entendre sur certains mots associé au ton posé adopté par la sibérienne donnait à sa voix quelque chose d'apaisant.

- « Pour ce qui est d’Héléus, je ne peux pas dire que le Secteur m’ait fait bonne impression à mon réveil… Et n’ayant pas spécialement eu l’occasion de remettre les pieds sur la terre ferme ailleurs que sur Meridiane après ma seconde sortie de stase, je ne peux plus dire être familière des divers environnements de nos colonies. Mais j’imagine qu’ils ne peuvent être plus hostiles qu’en 2819… Quant à ma connaissance des divers groupuscules, mon poste au SSN m’a au moins permis d’être à jour là dessus. Toutefois je n’ai jamais été directement confrontée à des Roekaars. » informa t-elle en laissant néanmoins filtrer cette fois-ci une chose dans sa voix : la frustration de n'avoir jamais eu la possibilité de découvrir grand chose de leur nouveau foyer.

Marquant enfin un temps d'arrêt, Kaylin jaugea la réaction de celui qui finissait son plateau repas, attendant de voir s'il avait des questions spécifiques.

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MessageSujet: Re: Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...   Mer 3 Mai - 21:25

Ce truc était réellement infâme : viande, morceau de pain rassis depuis leur arrivée dans Héléus ou encore barre protéinée à demi-digérée, impossible d’en déterminer la véritable nature. Pourtant le soldat termina le contenu de son plateau sans véritablement sourciller, habitué qu’il était aux mets à la qualité douteuse. S’il avait vu le jour dans un milieu aisé où il ne manquait jamais de rien étant enfant, William s’était adapté sans trop de difficultés à des années de privations. Et ce autant d’un point de vue confort que personnel. Une raison pour l’expliquer ?

Une vocation comme venait de l’énoncer la rousse pour son propre compte. La vocation de protéger et servir, mais aussi celle d’emprunter une voie tout autre que celle de ses géniteurs…

Mais au contraire de son interlocutrice, le Capitaine n’avait pas rejoint l’Initiative par simple vocation, non. Contre toute attente c’est sa famille qui avait motivé son choix, au point de renoncer à une carrière qui s’annonçait sous les meilleurs hospices. Ou peut-être son existence se serait-elle terminée dans les ruines fumantes de la Terre, étouffée par un envahisseur à la puissance incomparable ? Les six siècles passés en stase ne permettraient de toute façon jamais d’avoir la réponse à cette question.

C’est donc un trentenaire rassasié mais pas vraiment satisfait qui fit suite aux propos du Major, une fois son plateau déposé nonchalamment sur la table qui soutenait ses pieds…

- « Beauté glaciale, professionnelle, intelligente, et de la répartie… mon type de femme... » concéda-t-il en faisant la moue et à voix haute, sans même se soucier d’être entendu ou non.

Il y avait du vrai là-dedans, même si le fait d’exprimer cette vérité face à l’intéressée relevait probablement d’un besoin d’analyser ses réactions dans différents contextes. Il semblait à l’officier que la jolie Kaylin relevait de cette espèce bien particulière que l’on pourrait résumer en quelques points. Une jeune femme qui ne vit que pour le service et fait preuve d’une efficacité rare, le tout au prix d’une vie personnelle extrêmement complexe à vivre et gérer tant l’expression de ses sentiments devait lui être un supplice.

Ce genre d’individus, Kayne en avait croisé quelques-uns au cours de sa carrière. Et si tous s’accordaient à louer leur mérite et capacités au combat, le soldat en avait vu plus d’un sombrer après seulement quelques mois ou années passées à ne penser qu’au boulot. Il était humain de lâcher prise parfois, c’était un mal nécessaire pour aller de l’avant. La rousse faisait-elle partie de cette « race » ? Le psychanalyste improvisé qu’il était le découvrirait bien assez tôt.

- « Mais revenons à des préoccupations plus terre à terre… Vos évaluations physique et psychologique font état d’une forme parfaite et d’une capacité de raisonnement peu commune, voire excellente. Et je dois bien reconnaitre être au moins en accord avec ce dernier point. Quant au premier… peut-être aurons-nous le temps de l’évaluer plus tard et dans un autre cadre… comme vous le suggériez… » poursuivit-il toujours sur ce ton qui mêlait professionnalisme et sens caché pour jauger la concernée.

Toujours cet angle d’attaque particulier pour jauger la belle. Si dehors elle était une arme que l’on pointe vers les ennemis de l’Initiative, ici c’était elle la cible. La cible d’un officier qui voulait s’assurer de la valeur et la stabilité de cette nouvelle recrue.

- « Concernant votre analyse, sachez qu’elle est à moitié correcte. Croyez-le ou non mais j’ai bien eu deux autres candidats quelques jours avant vous. Cela dit, le premier était davantage spécialisé dans la démolition que le tir de précision, d’où ma remarque. Et dans la mesure où j’ai déjà deux exemplaires de cette catégorie de cinglés… Disons que vous n’êtes au final que deux. Quant à ce repas précipité, faudra vous plaindre à l’administration qui ne fait pas son boulot… Oh ! Et à la nature accessoirement, pour m’avoir doté de capacités qui font que je dois bouffer comme quatre. » le bras droit du Capitaine se mit quelques instants à luire d’un halo bleu caractéristique d’un être biotique tandis qu’il prononçait la dernière phrase.

Sans doute avait-il fait brièvement appel à ce talent pour s’expliquer de façon plus parlante qu’avec d’avantage d’arguments... Et au moins Volkov savait-elle désormais à quel genre de combattant elle avait affaire aujourd’hui. Mais avant de voir ce dont son potentiel supérieur avait dans le ventre, elle devait encore sortir avec les honneurs de cet entretien.

Kayne n’avait d’ailleurs pas manqué de noter cette pointe de frustration qui apparut au moment où son interlocutrice évoqua son parcours au sein du Secteur. Un parcours exemplaire en terme d’états de service, mais extrêmement limité d’un point de vue géographique. Voyait-elle dans cette affectation un moyen de voir du pays par procuration ? Le Capitaine devait en tous les cas mettre les choses au clair sur ce point. Ce qu’il fit en guise de conclusion à sa prise de parole, en profitant pour de nouveau la bombarder de question.

- « Et pour ce qui est d’Héléus… dites-vous que si ses mondes se font plus hospitaliers, ce n’est pas le cas de sa faune. Entre les bestioles que l’on découvre au détour d’une mission d’exploration et les multiples groupes qui commencent à émerger, disons que l’on ne manque pas de boulot. Les Roekaars ne sont qu’un symptôme parmi d’autres, même s’ils sont responsables de la mort de l’un de mes hommes… celui qui vous serez peut-être amenée à remplacer. Mais avant d’envisager la chose, il me faut d’avantage de détails. L’APEX n’est pas une force où l’on peut se cacher derrière un masque de professionnalisme et garder tous ses petits secrets… du moins pas si on veut y faire long feu. J’ai déjà un ancien du GSI de ce genre, et ça me suffit bien. Alors commencez par m’expliquer le pourquoi de changer de nom/prénom. Papa vous débectait-il au point de vouloir l’oublier et fuir la Voie Lactée ?  Vous allez aussi me donner plus de détails sur votre expérience au sein de l’Alliance et vos sentiments concernant le fait d’évoluer au sein d’une force d’élite inter-espèces.»

Le soldat avait simplement besoin de la voir effriter un peu sa carapace, s’ouvrir un peu plus aux autres… ou du moins à lui durant cet entretien qui déciderait de l’avenir de la jeune femme.
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MessageSujet: Re: Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...   Jeu 4 Mai - 20:21
Volkov ne s’était pas attendue à pareil éloge… Le militaire avait-il conscience avoir pensé tout haut ? Était-ce là encore une manœuvre visant à la déstabiliser ? Kaylin ne sut trop comment accueillir ces compliments, n’ayant pas spécialement été habituée à en susciter de tels dans son ancienne vie. Elle demeura totalement impassible extérieurement. Toutefois...Pouvait-elle réellement être le type de Kayne ? Pourquoi d’ailleurs se posait-elle la question ? Vu comment les choses avaient tourné avec Weissner, ce ne serait pas demain la veille qu’un homme lui donnerait envie de réessayer... Elle n’était juste pas faite pour ça, alors autant éviter de laisser autrui se faire des idées et perdre son temps. Et puis mêler vie personnelle et vie professionnelle n’était assurément pas une situation évidente...

Si la russe balaya de fait de son esprit la remarque du Capitaine, ce dernier lui sembla alors renchérir par un  sous-entendu douteux. Venait-il de transformer la précédente suggestion de la jeune femme d’évaluer lui même ses capacités physiques en condition de combat, en une évaluation de sa condition dans ses quartiers ?! Ou bien était-ce elle qui s’était mise à lire entre les lignes des choses complètement inexistantes ? Blya ! Il allait vraiment falloir qu’elle considère prendre des congés…

Si un trouble passager s’était furtivement exprimé à travers un regard fuyant, Volkov se ressaisit, accrochant à nouveau le bleu acier de l’officier lorsque son discours retrouva une teneur professionnelle qu'elle préféra. Ils étaient donc encore deux en liste. Ce qui voulait dire qu’elle allait devoir réellement le convaincre… Si son esprit se focalisa à l’instant même sur le comment procéder, ses yeux furent subitement attirés vers la main du Capitaine générant un soudain halo bleuté. Ils restèrent à s’en émerveiller un court instant, laissant le reflet dansant se marier à leurs émeraudes.

Ainsi donc Kayne était biotique… La sibérienne devait bien avouer ressentir dès lors une certaine admiration pour l’officier, bien qu’elle lia cette démonstration à une volonté de frime. Elle qui le percevait comme un homme sans aucune tenue depuis son entrée dans la pièce, lui trouva au moins quelque chose d'intéressant. Si la Biotique faisait peur à beaucoup, elle générait une certaine fascination chez Volkov. Peut-être se sentait-elle plus de points communs avec les rares humains biotiques qu’avec les autres, du fait d’une enfance assurément hors norme…

Toutefois son léger attendrissement envers le Capitaine fut de courte durée, celui-ci se mettant dès lors à appuyer sur un point extrêmement sensible. Kaylin s’y était attendue, mais quand bien même, l’évocation de son père lui fut particulièrement désagréable et ce malgré les années… Malgré la distance… Malgré sa mort depuis, et son deuil qu’elle avait eu à faire alors même qu’il était encore en vie.

Puisque de père, elle n’en a jamais eu.

Son regard qui avait pu laisser filtrer un certain magnétisme se fit dès lors aussi glacial que l’environnement dans lequel Katya avait grandi.

- « Le Général n’avait pour titre que son grade. Parent, il ne l’a jamais été. » laissa t-elle grincer entre ses dents, tout en appelant son propre père par son rang tant son esprit avait été dressé à le nommer ainsi.

Kayne n’était pas le premier à chercher les failles de la sibérienne de cette manière. D’autres avaient également essayé. Mais personne depuis son arrivée dans Héléus… Cette vie et ses souvenirs, Katya aurait voulu et avait espéré les effacer avec la distance. On lui avait assuré que les informations relatives à son changement d’identité seraient supprimées de son dossier cinq ans après l’établissement des colonies. Que ses états de service dans l’Alliance seraient mis sous son nom actuel. Oui, elle rejoignait Kayne sur un point : l’Administration ne faisait pas son boulot.

Le service de renseignement de l’APEX en revanche…

Quand bien même Volkov s’était préparée à cette éventualité, elle ne put contenir le ressentiment accumulé durant toute ses années d’existence. Sa mâchoire et ses doigts se crispèrent machinalement, tandis qu’en dessous d’elle, ses pieds précédemment pointés en direction de Kayne se croisèrent pour se replier sous sa chaise, trahissant son désir de ne plus échanger avec l’officer. En tout cas sur ce sujet.

- « Je ne pouvais porter le nom d’un individu ayant eu plaisir à torturer une fillette dès ses dix ans dans le but de tester ses capacités de résistance à la souffrance physique et morale. »

Ce serait l’unique chose que la rousse accepterait de livrer au Capitaine sur la nature de ses relations avec Zhukovsky. Était-il après tout vraiment nécessaire de rentrer dans les détails ? …

- « Et je souhaitais pouvoir me construire professionnellement sans que l’on puisse s’imaginer que je lui dois quelque chose. Ce qui n’a pas été le cas dans l’Alliance, où nombre m’ont pensé pistonnée lorsqu’il faisait tout pour que j’échoue. Ce nom est un cancer, Capitaine, et j’espère qu’Andromeda m’en guérira. » conclut-elle sur le sujet.

Un soupir pessimiste s’échappa presque silencieusement des lèvres entrouvertes de Kaylin, dont le regard s’était un temps perdu dans les abîmes. Cette faille qu’elle haïssait tant était sûrement ce qui la rendait encore humaine. Katya aurait pu éteindre toute émotion, et choisir le mauvais côté. Pourtant, et même si elle pouvait faire de mauvais choix de vie, elle ne faisaient jamais les pires. Zhukovsky ne l’avait jamais brisée entièrement. Alors, et même si elle était plutôt défaitiste sur la réussite de sa vie personnelle, il restait peut être encore un peu espoir pour elle.

- « Pour répondre à vos autres questions… » reprit-elle avec une voix à nouveau neutre « Ma première expérience du terrain n’a pas été des moindres. J’ai participé à l’Opération Torfan comme vous l’avez probablement aperçu dans mon dossier. Je connais le stress du combat, et le détachement dont il faut savoir faire preuve pour rester concentré lorsque l’on perd des alliés et que l’on est obligé d’enjamber leurs cadavres pour continuer. Mon chef de section est tombé dès le début de la mission et je me suis retrouvée à devoir gérer l’unité. Il faut savoir réfléchir vite dans ce genre de situation et ne pas se laisser dépasser par le poids des responsabilités, ni celui des personnalités aux pensées divergentes. J’ai souvent alterné entre unité d’assaut et travail en solo à distance en qualité de tireur de précision, comme sur Fehl Prime puis dans l’unité de soutien à Spec Ops Delta Six. On n’a jamais eu à se plaindre de moi, et une équipe inter-espèce est un atout à mon sens, je trouve cela très instructif en plus d’être efficace. Je m’entends très bien avec les Krogans... »

Sourire furtif aux coins des lèvres à cette précision, consciente d'avoir un caractère similaire.

- « Même si je ne suis pas quelqu’un d’expansif, j’attache une importance capitale à la sécurité et l’état de mes coéquipiers, ils passent avant moi quoique puisse être mes relations avec eux. Et bien que j’ai conscience que cela ne puisse pas être particulièrement perceptible de part ma retenue, c’est en équipe que je me sens le mieux. »

Si son accent russe n’était curieusement pas ressorti lors de ses propos sur son père, à présent, sa douceur s’était réinvitée dans cette voix de nouveau calme. Inclinant légèrement la tête tout en se mettant à nouveau à analyser Kayne d’un regard particulièrement attentif et énigmatique, la sibérienne conclut ses propos dans un parallèle flatteur qui l'étonna elle même.

- « J’ai besoin d’être utile et me sentir appartenir à quelque chose. Volkov en russe signifie loup. Avec un Alpha biotique, je ne vois pas quelle meilleure meute je pourrais trouver dans cette galaxie.»

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MessageSujet: Re: Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...   Sam 6 Mai - 22:16

Il venait incontestablement de toucher la corde sensible de la jeune femme. Celle qui, si l’on insistait à l’agiter, risquait de la fermer à toute discussion… ou de la braquer définitivement et la pousser à adopter un comportement inconsidéré. Le genre que l’on ne souhaite pas vraiment voir dans cette salle d’interrogatoire. Car s’il était là pour juger de la valeur de son interlocutrice, l’officier ne souhaitait pas spécialement s’aliéner cette dernière. En particulier s’ils étaient amenés à servir de ensemble dans les mois ou années à venir…

Peut-être est-ce la raison pour laquelle il fit preuve d’une certaine empathie vis-à-vis du passé de Volkov, au point de compatir en se confiant lui-même sur sa propre existence.

- « Si nos parcours diffèrent, je sais d’expérience ce que ça fait de grandir avec sur ses épaules les espérances de parents qui ne se soucient en rien du bien-être de leur gamin. Le genre d’attitude qui vous pousse à vous construire seul(e) et à très vite faire ses propres choix. Le plus souvent à contre-courant de ce qui était attendu de vous d’ailleurs… » confiât-il de façon beaucoup plus sérieuse que ce à quoi il avait habitué la rousse jusqu’ici.

Venait-il de s’ouvrir histoire de détendre la Sibérienne ou bien y avait-il un semblant de confiance qui s’installait au sein du duo ? Lui-même n’aurait su le dire… Et c’est bien pour cela qu’il fit comme si de rien n’était, préférant poursuivre l’entretien en passant directement au sujet suivant. Désormais plus professionnel dans son approche, le soldat reprit une position plus « convenable » à son rang en faisant retrouver à ses pieds le plancher de vaches. Y en avait-il sur la station d’ailleurs ? Question à creuser pour plus tard !

Les divagations du narrateur mises à part, William changea donc de sujet, mais non sans garder à l’esprit les dernières paroles de la jolie rousse. Les étiqueter de la mention « flirt » ne lui paraissait pas totalement dénué de sens… Et peut-être allaient-elles tourner un moment dans l’esprit pourtant très terre à terre du biotique. Réponse à son petit jeu ou réel intérêt ? Il verrait cela plus tard… ou non, lui aussi ayant eu quelques déboires avec des relations devenant plus que professionnelles. Enfin, une en particulier, mais là n’était pas la question. Il devait mener à bien cet entretien et prendre une décision…

- « Mais au-delà de tout ça, je suis content que vous attachiez la même importance au travail d’équipe que je le fais. Nous nous retrouvons au moins là-dessus. Je connais certains de mes hommes depuis l’invasion Kert, plusieurs d’entre eux sont une seconde sem’ya pour moi. » expliqua-t-il avec une certaine fierté dans le ton.

Il posa un regard inquisiteur sur Volkov, histoire de voir qu’elle réaction le fait d’utiliser sa langue maternelle à deux millions d’années lumières de son foyer originel susciterait, puis poursuivit.

- « Quoi ça vous étonne ? Vous n’êtes pas la seule qui parle russe ici… Des années passées à l’apprendre quand j’étais gosse, en plus de l’espagnol. A croire qu’avoir un gosse qui parle couramment trois langues ça fait bien au sein de la haute… » maugréa-t-il au souvenir de longues et lassantes sessions de linguistique.

Dispenser de tels enseignements à un gamin de huit ans laissait forcément des traces, pas vrai ? Alors quand il pouvait en faire étalage… Ce qui devait arriver une fois l’an au final comme l’illustrèrent ses propos.

- « Enfin, c’est pas comme si j’avais l’occasion de le pratiquer souvent ces derniers temps. Le Shelesh m’est nettement plus utile… » remarqua-t-il davantage pour lui-même que son interlocutrice.

Le temps d’entretenir le suspense ou digresser sur tout un tas de sujets variés n’étant plus à l’ordre du jour, Will enchaina très vite sur le cœur de son message.

- « Et pour en revenir à ce qui nous intéresse ici… Félicitations, vous êtes retenue... » déclara-t-il sans vraiment plus de cérémonie qu’un discret sourire au coin des lèvres.

Le Capitaine se leva sur cette déclaration qui avait valeur d’accueil au sein de son unité, mais ne se dirigea pas vers la nouvelle recrue comme on aurait pu s’y attendre. Pas de salut protocolaire de rigueur, pas de poignée de main ou de paroles accordées à celle qui venait à la seconde de quitter le SSN sans le savoir. Plutôt un officier qui se mit à faire les cent pas derrière sa chaise, bras croisés, et se lançant dans d’ultimes explications.

- « Votre concurrent est un Turien un peu trop coincé à mon goût, le genre pur produit de la Hiérarchie prêt à faire claquer les jambières de son armure dès l’ordre de marche annoncé. Ne vous y trompez pas, je n’ai rien contre les Turiens, celui que je considère comme mon meilleur ami et accessoirement équipier en est un… Mais certains possèdent une vision trop étriquée du champ de bataille, du genre qui se limite au plus simple appareil de leur rôle… J’enverrais plutôt celui-là à Sora… »

La mention de son ex, elle-même cheffe d’équipe au sein de l’APEX, et accessoirement chasseresse Asari de talent, ne dirait probablement rien à Kaylin, mais cela importait peu. Kayne s’était surtout fait la remarque à voix haute, comme à plusieurs reprises auparavant. Car pensif, il l’était, et l’éventualité d’obtenir un petit succès en horripilant celle qui était aussi sa plus grande rivale s’avérait séduisant.

Néanmoins, ne perdant pas de vue l’objectif premier de cette journée, il arrêta très vite de déambuler pour faire pleinement face à celle qui faisait maintenant partie de ses hommes.

- « J’ai besoin de quelqu’un qui voit les choses de façon plus large et est en mesure de faire travailler intensément ses capacités d’analyses et prise de décision.  Ce que vous semblez être capable de faire si j’en crois vos états de service, les résultats de vos tests de sélection et ce petit entretien. Mais avant d’officialiser les choses et d’initier la procédure auprès de Kandros, vous allez me gratifier d’un service… Je veux voir la façon dont vous opérez au moment de tirer. Direction le stand de tir. Vous allez mettre les mains sur la version deluxe du M-98 Veuve, l’arme que l’on surnomme à juste titre Veuve Noire. L’APEX dispose du meilleur équipement au sein de l’Initiative, et celle-ci a eu la sagesse d’acquérir tout un tas de plan différents avant le grand départ. Vous allez donc me faire une démonstration, puis j’en prendrai note pour savoir de quelle façon vous ajouter au schéma de déploiement de l’unité. »


Un blanc s’installa alors entre eux, sans doute voulu par le militaire afin de jauger les réactions de sa nouvelle tireuse d’élite face à tant de nouvelles. Et aussi parce qu’il avait beaucoup parlé, il faut bien l’avouer… Une dernière phrase lui vint cependant, celle qui mettrait fin à leur présence sans cette pièce austère.

- « Allez Major, on se bouge ! » lança-t-il finalement avec entrain et en claquant des mains à plusieurs reprises.

Si elle voulait parler ou même répondre à tout ce que son nouveau supérieur venait de lui dire, le trajet jusqu’au stand de tir et son petit show improvisé seraient bien suffisants…
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MessageSujet: Re: Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...   Ven 12 Mai - 22:12
Retenue.

Si Volkov avait parfaitement intégré tout ce qui avait pu précéder et tout ce que prononceraient les lèvres du Capitaine sur lesquelles s’était figé son regard, c’est ce mot là qui résonnait dans son esprit.

Retenue… Des années durant, elle avait espéré qu’on lui adresse ce terme. Elle l’avait certes déjà entendu, pour sa réussite au concours de sous-officier, pour l’Opération Torfan, pour ses affectations suivantes… Pour son dossier de candidature à l’Initiative, pour le SSN… Mais aujourd’hui, ce mot là eut une saveur particulière. La saveur d’une réussite personnelle qu’aucun ou peu autour d’elle pouvait saisir.

Cette galaxie serait peut être finalement celle qui lui permettrait de commencer la vie qu’elle avait toujours espéré.

La bouche de la jeune femme s’étira dans un discret sourire qui eu quelque chose de sensuel de part la contradiction entre sa réserve et sa franche volonté de s’afficher. C’est le bruit d’une chaise que l’on recule pour se lever qui sortit la russe de sa furtive léthargie. Toutefois, seuls les yeux verts de Volkov se mirent à s’animer, suivant de gauche à droite, puis de droite à gauche et ainsi de suite les cents pas d’un officier pensif.

Kaylin avait donc réussi là où un turien avait échoué. Pas une mince affaire de passer devant un tel candidat. La victoire lui fut de fait d’autant plus délicieuse. Un commentaire toutefois vint sortir la sibérienne de ses nouvelles pensées. Sora ? Qui était-il ? Ou peut-être… Qui était-elle ? Une question à laquelle la nouvelle recrue de l’Apex Team Six finirait par avoir une réponse dès lors qu’on lui présenterait ses nouveaux collègues.

Le regard de la rousse se figea à nouveau, mais cette fois uniquement parce que celui qui était depuis quelques secondes son supérieur direct cessa de se promener à travers la pièce pour lui faire face, et lui demander de le… Gratifier d’un service ? Drôle de manière de présenter la chose… Toutefois le service en question n’eut strictement rien de désagréable… Les iris du Major se mirent même à pétiller à la mention du fusil de précision qui l’attendait là dehors. Kaylin était non seulement retenue, mais en plus elle allait avoir un Veuve Noire entre les mains… Elle en aurait presque pu se lever et empoigner le biotique pour lui lui rouler une pelle digne de ce nom avant de quitter la pièce pour se rendre au stand de tir sans un mot, l’air de rien... Cette envie là resterait toutefois profondément enfouie dans les fantasmes d’un inconscient bien trop occulte.

L’appel de son grade accompagné d’un vif claquement de mains sortit Volkov de son état de détachement, la faisant reprendre vie à une vitesse incroyable. La jeune femme se leva instantanément, ne se souciant cette fois même pas du bruit strident qu’elle provoqua elle même en reculant aussi brutalement sa chaise. Elle se raidit protocolairement une fois debout, acquiesçant tout aussi formellement :

- « À vos ordres ! »

Invitée à quitter les lieux pour un entrainement au tir avec un magnifique “jouet”, Volkov ne se fit pas plus prier que ça, et se lança à travers la pièce d’un pas militaire. Si elle arborait toujours un air indéchiffrable, les lèvres de la sibérienne affichaient toujours un discret et inconscient sourire en coin qui leur étaient impossible à réprimer. Suivant machinalement le Capitaine à travers les couloirs, l’esprit du Major mémorisait les lieux tout en se refaisant le discours qu’avait tenu Kayne quelques instants plus tôt.

Le biotique s’était vaguement confié à elle, et elle avait trouvé cela intriguant. Il avait laissé filtrer des informations, notamment en lui disant venir de la haute pour justifier sa connaissance du russe. Ce point là dérangeait d’ailleurs Volkov tout comme elle trouvait cela appréciable, car sa langue maternelle n’était pas spécialement répandue au sein de l’Initiative. Toutefois cela lui demanderait de faire attention à ses propos ci ceux-ci étaient parfaitement compréhensible par son supérieur.

Le militaire était finalement plein de surprises. Il tardait peut être même à la russe de voir ce dont il était capable sur le terrain…

Pour l’heure, ce serait à elle de faire démonstration de ses compétences. Volkov se figea un instant sur place dès qu’elle eut mit un pied à l’intérieur du stand de tir. Celui-ci n’eut rien à voir avec celui dont disposait le SSN. Il n’avait pas non plus grand chose à voir avec celui improvisé qu’elle avait employé sur Eos jadis, mais au-moins le stand de l’APEX était suffisamment grand pour qu’elle puisse user d’un fusil de précision et toucher une cible à une distance de six cents mètres.

- « C’est vraiment autre chose que le dernier stand de tir dans lequel j’ai pu m’entraîner... Celui du SSN ne permet pas de tir à plus de cent mètres ! » commenta t-elle avec un certain engouement.

Les travaux pour ainsi modifier le Nexus qui n'abritait aucun espace de ce genre à sa construction avaient dû prendre un certain temps. Le résultat fut très impressionnant aux yeux du Major qui s’empressa dès lors de s’approcher des armes à disposition. Elle reconnut immédiatement le type de caisse abritant des M-98 classiques, et une caisse identique en dehors de sa couleur singulière. Instinctivement, Kaylin se rapprocha de celle-ci, s’accroupissant à sa hauteur avant de l’ouvrir avec une étrange douceur.

Un fusil de précision Veuve Noire se trouvait sagement entreposé à l’intérieur. Lentement, la main droite de la russe vint l’effleurer, comme si elle avait cherché à vérifier si ceci était bien réel, car de Veuve Noire, Volkov n’avait jamais eu la chance d’en manier. Cette arme était un véritable bijou de technologie, et sur le moment, Kaylin et le fusil semblaient si faits l’un pour l’autre que l’on aurait probablement pu comparer la scène à celle d’Arthur retirant Excalibur… Avec grâce, la jeune femme extirpa cette beauté de son coffre comme si elle lui revenait, la manipulant et la soupesant avec beaucoup de curiosité. Dieu qu’il était lourd… Bien moins sûrement que sa première version de plusieurs siècles en arrière, mais il restait un véritable monstre, autant par sa puissance, que par son poids.  

- « [Marmonne en russe] Montrons donc au Capitaine ce que nous avons dans le ventre… »

Emportant avec elle son nouveau joujou, la sibérienne au regard d’autant plus pétillant passa sous le nez de Kayne pour se diriger vers le couloir de tir donnant sur la cible la plus éloignée, et s’installa confortablement en position allongée. Elle prit son temps pour faire ses réglages, bien que ce modèle en nécessitait sûrement moins que d’autres, puis la rousse cala sa joue sur la crosse, et son regard émeraude dans la lunette. À six cents mètres de là, l’hologramme d’un hors la loi humain immobile qu’observa Volkov quelques secondes avant d’être surprise par la soudaine présence de son supérieur allongé à quelques centimètres à sa gauche.

S’il s’était doté de jumelles pour certainement admirer en direct ses tirs, sa subalterne se fit la réflexion qu’il aurait très bien pu rester debout pour regarder le spectacle… Pas qu’elle raterait un tir à cause de ça, loin de là, mais cette proximité lui rajouta un brin de pression. Sûrement ce que Kayne avait cherché à produire en fin de compte…

Plaçant son casque anti bruit sur ses oreilles en invitant par ce mouvement son voisin à faire de même, le Major remit sa joue sur la crosse, et son œil à quelques centimètres de la mire arrière pour dès lors reporter toute son attention sur son objectif. Kaylin s’immobilisa ensuite d’une telle manière que l’on aurait cru qu’elle venait d’être stasée, son corps ne bougea plus d’un millimètre et sa respiration s’étant coupée.

Premier tir. Cible atteinte. Très curieusement dans l’entrejambe, allez savoir si c’était là une erreur de la part de Volkov, un message subliminal, ou encore un besoin de vengeance personnelle à assouvir....

Cible suivante. Un Kett en mouvement, faisant une ronde. Second tir. Objectif atteint dans la tête.

Troisième tir sur deux ennemis en mouvement et s’alignant parfaitement à un instant précis. Les deux tomberaient au même moment d’un tir dans la tête.

Cartouche thermique épuisée. La sibérienne l’éjecta, et abaissa son casque en tournant la tête vers Kayne :

- « Il a un sacré recul mais il est d’une précision et d’une puissance redoutables. Je poursuis ou bien vous souhaitez me tester sur autre chose…  » fit-elle en suspens.

Si elle les avait déjà examinés durant l’entretien dans la salle d’interrogatoire, à présent, les yeux du biotique étaient si près des siens que Kaylin put en différencier chaque nuance de bleu.

- « … mon Capitaine ?  » rajouta t-elle aussitôt pour marquer la fin de sa question et se rappeler sûrement à elle même le statut de l'individu allongé à ses côtés.

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MessageSujet: Re: Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...   Mar 16 Mai - 23:36

Une enfant qui découvre ses cadeaux le matin de Noël. Ou peut-être était-ce simplement le regard émerveillé d’une connaisseuse ? Une femme tellement passionnée par son travail et la perfection de ses compétences martiales qu’elle s’émerveillait devant le matériel d’excellence qu’on lui « offrirait » prochainement pour y parvenir. Oui ce devait être cela. La contemplation dans laquelle elle se perdit l’espace de quelques instants avait presque quelque chose d’attendrissant. Comme si le contact avec ce qui était pourtant un engin de mort représentait un accomplissement. Celui de son parcours, pas toujours facile à arpenter, qui l’avait mené jusqu’à la plus haute marche qu’elle puisse imaginer atteindre dans son existence : le corps d’élite de l’Initiative.

Ce qui lui avait été refusé dans la Voie Lactée arrivait ici, sous de nouveaux horizons… et après onze années d’attente. Allait-elle se révéler à la hauteur de ses propres attentes, mais surtout de celles de son nouveau supérieur ? Les prochaines semaines le révéleraient très vite.

William semblait en tous les cas croire en la rousse, sans quoi il n’aurait jamais donné un avis aussi tranché sur sa mutation. Tous ceux formant son unité venaient d’horizons divers, mais chacun avait à cœur de servir au mieux en faisant ce pour quoi ils étaient faits : contenir et parfois éliminer les menaces pesant sur l’Initiative et ses alliés si nécessaire. Une existence qui mêlait privations et goût du secret, des éléments qui interdisaient bien souvent une vie privée épanouie. Mais comme se plaisait à se le répéter le Capitaine lors de ses rares moments de doute, il fallait bien quelqu’un pour un tel office…

Volkov changerait donc de statut sous peu, et il était à sa charge de la briefer au mieux sur ce qui allait changer pour et autour d’elle. Kayne songeait d’ailleurs à cette question lorsqu’il s’allongea auprès de la Sibérienne afin d’évaluer ses performances au tir. Faisant fi de toute notion de protocole, il n’avait pour objectif que celui d’avoir un ultime aperçu des aptitudes  de la franc-tireuse avant d’officialiser les choses auprès de sa hiérarchie. Et peut-être un peu pour voir si cette manœuvre déstabiliserait la rousse, il fallait bien l’avouer…

Comme il s’y attendait, il n’en fut rien, et les performances de la tireuse s’avérèrent tout à fait satisfaisantes… à un détail près. Un détail qu’il ne manqua pas de souligner alors qu’il répondit au Major tout en se relevant.

- « J’ai assisté à vos tests de sélection, j’avais donc déjà une bonne idée de ce que vous valez… » expliquât-il en posant un regard lourd de sens sur Kaylin.

Un silence gêné sembla s’installer entre eux alors qu’il lui tendit une main bienveillante pour l’aider à se relever.

- « … même si j’aurai préféré un tir un peu plus orthodoxe pour le premier essai… Mais laissez-ça là, quelqu’un va venir s’en occuper. » poursuivit-il alors que tous les deux se trouvaient désormais au même niveau et désignant d’un signe de tête l’arme à leurs pieds.

La proximité de la belle, et la contemplation des prunelles vertes qui le dévisageaient d’un regard à la nature imperceptible mais incroyablement enivrant, tirèrent durant une interminable seconde William de la notion de réalité. A sa grande surprise, celle qui n’était pourtant rien de plus que sa nouvelle subordonnée fit remonter en lui des souvenirs vécus dans la Voie Lactée. Ce vert émeraude… il lui rappelait son bref mais inoubliable séjour sur Sur’Kesh alors qu’il n’était encore qu’un enfant. Ces jungles luxuriantes à perte de vue, une nature préservée au sein d’un monde abritant pourtant une espèce hautement évoluée, des eaux limpides aux teintes difficilement descriptibles… Un des rares moments de son enfance qu’il se plaisait à se remémorer, même si cette visite quelque peu originale pour des humains n’était à la base qu’un énième voyage d’affaire de ses géniteurs.

C’est d’ailleurs cette ultime pensée amère, celle de se remémorer ce qu’il était autrefois pour le couple Kayne, qui le fit émerger de ses rêveries. Ou peut-être fallait-il parler de transe compte tenu du halo biotique qui épousa sa silhouette tout le long de son « absence » ? Revenant à lui tandis qu’il tenait toujours la main de la jeune femme dans la sienne, il s’en écarta manu militari avec une gêne palpable, lui-même étant le premier étonné par une telle manifestation de ses pouvoirs.

Son séjour au sein de Grissom puis dans les rangs de l’Alliance lui avait pourtant enseigné le contrôle de son potentiel biotique… Sora avait quant à elle perfectionné le tout en lui donnant une toute nouvelle compréhension de ses compétences, le poussant dans ses retranchements pour tirer le meilleur au combat de son amant d’alors. Forte de son passé de Chasseresse et de siècles d’entrainement, elle lui avait enseigné du mieux qu’il lui était possible la façon dont les guerrières d’élite Asaris appréhendaient ce don de la nature et en faisait usage au front.

Elle lui avait ainsi appris à canaliser au mieux les émotions les plus fortes, le mettant en garde sur le fait que certaines pouvaient s’avérer dangereuses aussi bien pour le biotique que ceux l’entourant. Pourtant, en ces lieux, il venait d’être témoin d’une telle chose. Un moment d’égarement sans gravité, certes, mais dont il lui faudrait tirer une leçon très vite. Une fois cet « entretien » écourté de façon professionnelle, bien évidemment.

- « Hmmm… Kandros recevra ma note d’évaluation dans moins d’une heure, et votre affectation sera effective demain à la première heure. Vous quitterez la vie civile dès cet instant, vos accréditations du SSN seront quant à elles remplacées par l’accréditation APEX type. Ça signifie plus d’accès aux dossiers du péquin moyen, plus de joli insigne à promener dans les rues. Vous recevrez votre équipement dès que vous vous serez présentée en uniforme auprès de l’intendance du QG, puis viendra l’heure de vous présenter à vos équipiers. On s’occupera de ce dernier point à l’occasion de l’entrainement matinal que j’ai prévu à 8000. En attendant, je vous laisse trouver votre vestiaire… »

Le trentenaire pianota brièvement sur son omnitech, le temps pour lui de transmettre quelques instructions et un code d’identification à celui la russe, avant de s’éloigner d’un pas décidé. Et peut-être un peu trop rapide pour sembler parfaitement naturel…

- « Bon courage Major, la nuit sera probablement animée pour vous… »
lança-t-il de dos en guise d’au revoir sans laisser le temps à l’intéressée de réagir.

L’officier faisait référence à l’appréhension qui pouvait monter à la veille de son premier jour au sein d’une affectation comme celle de la rousse. Il n’était pas rare de sentir le stress monter à la veille de plonger dans l’inconnu. Kayne en avait fait l’expérience voilà de cela huit ans, et n’avait pas été le dernier depuis. Mais ce n’est pas l’empathie ou même une quelconque forme de compassion qui motiva son geste suivant. Un geste qu’il n’avait jusqu’ici jamais concédé à personne… du moins pas en si peu de temps.

- « A moins que… l’idée de marquer le coup ne vous intéresse ? J’ai l’habitude d’aller boire un verre lorsqu’un évènement majeur survient au sein de mon unité… En bien ou en mal, il y a toujours une raison pour s’asseoir à un comptoir ou une table pour discuter.»  finit-il par proposer en se retournant, un discret sourire aux lèvres.  

Oui, il y avait indubitablement quelque chose chez elle qui le poussait à toutes les folies… Des folies qui, elles, n'avaient rien de professionnelles.
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MessageSujet: Re: Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...   Mer 17 Mai - 22:16
Volkov fut légèrement surprise de cette main qui s’était tendue vers elle pour l’aider à se relever. Il faut dire que Kayne n’avait pas spécialement cherché à la ménager tout à l’heure, la jeune femme ayant d’ailleurs toujours en travers avoir eu à évoquer son père et les souvenirs amers qu’elle en avait. Mais cette main, Kaylin la saisit, y voyant là le signe qu’elle était maintenant considérée par son propriétaire comme un membre du commando à part entière et non plus une parfaite étrangère.

Ce qui l’étonna plus particulièrement fut assurément la manifestation soudaine et insaisissable de la biotique du Capitaine à son contact. Il sembla d’ailleurs en être le premier surpris, rompant aussitôt le geste et s’éloignant quelque peu d’elle. Si sa subalterne ne fit aucun commentaire, sa curiosité envers lui ne manqua pas de croître, l’examinant d’ailleurs sans ciller de ce regard aussi impénétrable que pénétrant.

C’est finalement l’envoi de données sur son omnitech qui lui fit baisser les yeux, remarquant par la même occasion la présence d’un message non lu probablement reçu dans les minutes précédentes. Sa provenance effaça les traits du secret sourire en coin qu’elle avait eu jusqu’alors, rendant à nouveau à ce visage éburné son air fermé. L’attention détournée, le regard du Major ne suivit pas la silhouette du Capitaine s’en aller quand bien même son esprit perçut l’aurevoir prononcé. C’est uniquement parce que la russe sentit toujours la présence de son supérieur non loin qu’elle finit par relever la tête, l’apercevant tourné vers elle à quelques pas de là.

Sur les lèvres du militaire s’était dessiné un intriguant sourire feutré, tandis que dans ce regard bleuté, comme un curieux espoir qui semblait s’amenuiser au fil des silencieuses secondes que laissait défiler la jeune femme immobile. Une gêne s’installa d’ailleurs devant le temps de réponse anormalement long de la sibérienne. Celle-ci qui parut peser le pour et le contre, ou bien peut être avait-elle été court-circuitée par la demande du Capitaine, le fixant là sans rien faire. Mais son esprit lui, carburait à une vitesse incroyable, se repassant plusieurs fois le message qu’il venait de lire et les mots que l’homme en face de Kaylin venaient de prononcer.

- « Oui. » lâcha t-elle d’une manière tellement abrupte qu’elle sursauta intérieurement « Je veux dire… Vingt heures, à l’Eclipse ?  »

Qu’était-elle entrain de faire ? … Clairement pas entrain d’être à l’aise avec ça en tout cas… Les situations qu’elle ne prévoyait et ne maîtrisait pas la mettaient définitivement dans une position bancale. Mais il s’agissait seulement de célébrer sa nouvelle affectation et de discuter un peu pour faire connaissance entre collègue après tout, n’est-ce pas ? Hors de question qu’il en soit autrement, et pas de quoi se faire un film jusque là. De toute façon, avec la probabilité que Weissner débarque et foute sa merde, Kaylin ne prenait aucun risque de ce côté là… Ce serait même d’ailleurs un avantage pour éviter tout dérapage potentiel. La contrepartie serait néanmoins de devoir répondre à d’éventuelles questions indiscrètes voire lourdes de la part d’un supérieur trop curieux…

S’entendant sur l’heure et le lieu, Volkov resta sur place, regardant vaguement partir l’officier, avant de reporter à nouveau son attention sur les quelques mots affichés sur son omnitech :

Kay’, il faut que l’on parle. Tu ne pourras pas fuir indéfiniment.

W.


Un soupir s’échappa des lèvres de la jeune femme avant que celle-ci efface le message et se souvienne de la direction à prendre pour quitter le stand de tir et le quartier général de l’APEX. Elle y traina toutefois le plus longtemps possible, ne sachant trop que faire du reste de sa journée et ayant conscience que Weissner ne pouvait pénétrer ici.

Sa fin d’après midi, Volkov la passa planquée dans une salle de travail du centre culturel, où elle était sûre que l’on ne viendrait pas la chercher. Si elle avait déjà eu l’occasion de faire équipe avec des biotiques, la russe n’avait en revanche jamais eu à travailler avec un humain possédant de telles capacités. Ayant d’ailleurs longtemps été bercée par les croyances populaires affirmant qu'ils pourraient lire les pensées et prendre le contrôle des esprits, la sibérienne avait finalement développé autant de méfiance que de fascination envers eux. C’est donc aux archives qu’elle était venue glaner le plus d’informations possible sur leur formation à Grissom, les derniers implants en date, leurs effets secondaires et les complications possibles… Cherchant notamment à comprendre la manifestation biotique que Kayne avait eue, et à mesurer les faiblesses qu’il pourrait avoir sur le terrain.

Vers dix-neuf heures, le bruit d’une furtive notification retentit dans la pièce, mais il fut suffisamment fort pour réanimer la sibérienne qui avait fini par s’assoupir au milieu des datapads affichant les recherches étendues qu’elle avait pu faire dans l’après midi. Le premier renvoyait à l’écran un article scientifique sur la dangerosité de l’émergence de nouvelles capacités biotiques, le second quant à lui en affichait un portant sur les propulseurs SY-PRO, et le dernier listait le détail des nombreuses modifications techniques apportées aux différentes versions du fusil de précision Veuve Noire.

Émergeant en prenant une grande inspiration et en s’étirant quelque peu, Kaylin aperçut la présence d’un nouveau message privé. Toujours la même provenance.

Je te demande pardon pour ce que je t’ai dit, les mots ont dépassé ma pensée. Laisse moi te parler, je t’en prie.

W.


Il allait vraiment falloir qu’elle règle le problème une bonne fois pour toute… Remarquant soudainement l’heure qu’il était, Kaylin lâcha une insulte en russe tout en remballant les affaires dispersées sur le bureau. S'empressant d’effacer ses recherches et de rendre les datapads empruntés, le Major quitta précipitamment le centre culturel pour prendre la navette-métro et rejoindre l’autre bout du Nexus. S’approchant avec précaution de ses quartiers, la sibérienne vérifia que personne ne l’attendait devant avant de s’y engager et de refermer derrière elle.

Vingt-heures… Vingt-heures… Se répétait-elle en russe dans sa tête. Elle ouvrit grand son armoire, se demandant dès lors très sérieusement quoi mettre. Sur son trente-et-un serait beaucoup trop, c’était un verre entre collègue, et pas n’importe lequel : son supérieur direct… S’y rendre avec une tenue du dimanche ne serait pas terrible non plus, d’autant si Wayne se pointait… Elle ferait donc un effort vestimentaire pour faire bonne impression et parce qu’en définitive, il y a bien longtemps qu’elle n’était pas sortie… Alors autant essayer d’en profiter un peu.

Choisissant avec attention sa tenue, Kaylin fila à la douche avant de la revêtir et de terminer de se préparer. Elle s’observa dans le miroir, le reflet qu’il renvoyait contrastant très largement avec celui qu’il avait pu afficher plus tôt. Non, cette silhouette n’avait clairement plus rien de militaire… Elle était même si méconnaissable que Volkov se surprit elle même tant elle ne s’était pas vue ainsi depuis longtemps.

Délaissant ses rangers pour une paire d’escarpins sortie du fin fond de son placard, la sibérienne grimaça devant l’inconfort que cela impliquait mais ayant vécu bien pire torture, elle se rassura en se disant que ce serait l’histoire d’une seule soirée... S’accessoirisant de deux petites bagues en argent chères à son coeur ainsi que d’un sautoir au bout duquel pendait un fin bijou circulaire composé de trois anneaux imbriqués les uns dans les autres et dans lesquels semblait gravée une inscription en cyrillique difficilement déchiffrable à distance, Volkov examina une dernière fois son reflet avant de finalement quitter les lieux, non sans une certaine appréhension pour la soirée qui s’annonçait.

Décompresser à la manière des gens normaux engendrait définitivement chez elle l’effet inverse de celui recherché… Mais il allait falloir faire avec, d’autant qu’elle ne voulait pas que Kayne se rende compte qu’elle fonctionnait exactement comme le turien trop coincé qu’il lui avait décrit tout à l’heure et qu’il avait refusé pour la choisir elle…

Et puis ce serait sûrement là une occasion pour travailler la fameuse meilleure version d’elle même qu’elle avait souhaité devenir en changeant de galaxie...

L’Eclipse était un lieu plutôt calme et élégant, assez à l’image de Volkov en définitive. Celle-ci détestait en effet la musique de night club que l’on pouvait retrouver dans la majorité des établissements du coin, trouvant qu’elle relevait bien plus du bruit que de la moindre mélodie. Et puis cela empêchait toute discussion tant le volume pouvait être assourdissant. C’est donc dans un bar lounge à l’ambiance apaisante qu’elle devait retrouver son supérieur. Contrairement à leur rendez-vous de la mi-journée, Kayne ne serait ici pas en retard, le regard émeraude de la russe repérant effectivement sa silhouette déjà au comptoir.

Figée à l’entrée de l’établissement, l’hésitation avait empêché la jeune femme de s’avancer directement vers le militaire. C’est finalement un employé des lieux venant lui demander si elle souhaitait une table qui la fit émerger de son inertie. Indiquant qu’elle était attendue, Kaylin finit par se lancer, laissant ses grandes enjambées en talons aiguilles la porter jusqu’au bar.

Venant s’adosser à celui-ci de sorte à faire face à l’officier ne l’ayant pas encore aperçue, c’est une silhouette particulièrement féminine dans une robe noire sobre mais pas moins élégante sur laquelle venait superbement onduler une longue chevelure rousse qui tirerait le biotique de la contemplation de son omnitech.

- « Je ne vous aurais pas cru capable d'arriver en avance à un rendez-vous… ... Mon Capitaine.»

Un sourire espiègle viendrait discrètement éclairer le coin des lèvres du major métamorphosé qui venait pour sa part d’arriver dix minutes avant l'heure convenue.

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MessageSujet: Re: Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...   Lun 22 Mai - 0:28

De tous les entretiens qu’avait pu mener William depuis qu’il était chef d’équipe, très peu avaient débouché sur une conclusion aussi particulière. Oh bien sûr il y avait bien la fois où ce Krogan un peu trop fan du cocktail fusil à pompe et Ryncol lui avait livré un sacré spectacle, mais enfin… Dans ce registre-là, le Capitaine n’en avait pas à l’esprit. La manifestation incontrôlée de sa biotique dans un contexte aussi solennel ne l’arrangeait pas spécialement, en plus de laisser des doutes à sa nouvelle subordonnée quant à sa fiabilité sur le terrain. La Russe supposait-elle que son supérieur pouvait s’avérer instable sur le terrain ? Sans doute que son comportement durant les sessions d’entrainement et simulations à venir en dirait long sur le sujet.

En attendant, Kayne avait pris un engagement vis-à-vis de la jeune femme. Et si l’idée de se défiler pour ne pas aborder la question de son petit moment d’absence lui avait traversé l’esprit, il n’était pas dans ses habitudes de se dérober de la sorte. Quel genre d’image aurait-il donné à celle qui venait d’accepter d’intégrer son équipe pour évoluer dans les recoins les plus mal famés d’Héléus ? Non, il était hors de question d’agir ainsi pour faire plus tard face à des conséquences plus fâcheuses… Quand un Kayne prenait une décision ou adoptait une ligne de conduite, il devait s’y tenir. Tel était le crédo de la famille exilée depuis maintenant une décennie si loin de chez elle.

L’officier se prépara donc à la « confrontation » le plus simplement du monde, tout en espérant que le sujet ne serait pas abordé… Ou du moins en priant pour trouver un moyen d’éluder la question…

Après avoir envoyé sa note d’évaluation à Kandros comme il y était tenu, le trentenaire passa le reste de l’après-midi à régler de menus problèmes de paperasse. Rien de bien existant, mais ça faisait aussi – et surtout - partie du job… Il quitta son quart sur les coups de dix-neuf heures, mais non sans laisser un message à un autre Turien qui faisait partie de son entourage.

J’ai trouvé un spécimen particulier pour remplacer Ogal. Je pense que tu vas l’apprécier… ou bien vous vous sauterez à la gorge, on verra bien…
Will

Avait-il écrit à Decius pour le tenir en haleine jusqu’au lendemain.

L’idée que ces deux-là se rencontrent s’avérait d’ailleurs séduisante. Comment deux personnalités en apparence si semblables, rapport à un professionnalisme maladif, feraient-elles pour se supporter ? Se promettait d’être un spectacle divertissant, à n’en point douter. Peut-être est-ce d’ailleurs ce qui motiva l’apparition d’un sourire amusé sur le trajet qui séparait son appartement du lieu de rendez-vous. A moins que les souvenirs aussi récents que fugaces d’une contemplation maladive en plein milieu d’un stand de tir ne l’y encouragent également…

Quoi qu’il en soit, William se présenta au final avec une bonne demi-heure d’avance sur l’horaire prévu, nerveux qu’il était à l’idée de cet entretien non protocolaire. Le point bénéfique qu’il y avait cependant dans cette histoire, c’était que le soldat connaissait plus ou moins tous les établissements de boisson et divertissements du Nexus. Après une décennie passée à écumer les couloirs de la station titanesque entre deux missions, le militaire disposait de souvenirs (et parfois d’absences de ceux-ci) dans quasiment tous les bars encore ouverts après une certaine heure. Trop longtemps on l’avait obligé à la retenue lorsqu’il était enfant,  ce à quoi il s’occupait de remédier depuis.

Ses frasques n’avaient jamais été très sérieuses en termes de conséquences, ce qui lui avait permis de garder son poste en dépit ses jeunes années de fêtard…

Aujourd’hui cependant, et plus particulièrement depuis qu’il ne se consolait plus dans les bras de Sora, le biotique préférait les endroits calmes et mieux fréquentés. Les clubs bruyants ne faisaient plus que lui taper sur le système, tout comme la faune que l’on pouvait  y trouver. A croire que l’âge finissait par l’adoucir... Savourer un verre de qualité dans un lieu où l’ambiance s’y prêtait, voilà ce à quoi il aspirait durant ses sorties. En temps normal il s’adonnait à ce « passe-temps » en compagnie de membres de son unité, mais cette fois-ci ferait exception. Enfin… peut-être pas en fait, puisque la rousse en ferait officiellement partie d’ici quelques heures…

Kayne se remémorait ses derniers échanges avec la jeune femme, et se refaisait le film de l’évènement qui avait jeté un froid entre eux, lorsque l’intéressée finit par se montrer… Avec dix minutes d’avance. Ou plus précisément c’est le barman qui l’informa, par une discrète invective, de l’arrivée de la belle. Un petit pourboire glissé à son attention lorsqu’il lui avait servi sa bière et une description succincte, « Une rousse à l’air farouche et au physique qui ne laisse pas indifférent », avaient suffi à le motiver. Mais si la manœuvre visait à ne pas être pris au dépourvu par l’arrivée de la Sibérienne, elle n’eut pas l’effet escompté. William, qui ne quitta des yeux son omnitech qu’une fois la franc-tireuse arrivée à sa hauteur, fut pris par surprise en contemplant cette silhouette bien plus féminine qu’auparavant, et dont les courbes sublimées par cette simple robe noire près de corps ne pouvaient le laisser indifférent…

- « Vous êtes… Voilà qui vous change de l’uniforme, c’est certain. » fit-il remarquer en masquant à grande peine le mélange d’étonnement et de contemplation qui l’habitait.

Il faillit se noyer dans un silence gêné en reluquant la belle, mais put heureusement rebondir sur la petite pique bon enfant et le sourire qu’elle lui adressa.

- « Ne jamais faire attendre une femme en dehors du cadre professionnel… encore moins lorsque l’on est à l’origine de l’invitation. Un des rares principes hérités de mes précepteurs que je me plais encore à suivre. Mais sans doute l’attente aurait-elle été moins longue si vous n’étiez pas restée plantée deux bonnes minutes à l’entrée, vous ne croyez-pas ? Mais allons chercher une table… » proposa-t-il en l’invitant d’un signe de main à progresser vers le fond de l’établissement.

L’officier de l’APEX préférait discuter dans l’endroit le moins bruyant et occupé du bar. S’il n’était pas question d’aborder des sujets classifiés, le trentenaire ne voulait pas voir d’oreilles indiscrètes trainer non loin.

- « Donnez-moi un Osaka Dry… Une consommation à thème pour l'occasion. Et envoyez-nous quelqu’un pour que Mada… Mademoiselle passe commande. »

Ouvrant la voie, le Capitaine jeta son dévolu sur une table à l’écart de la cohue qui commençait à débarquer en ce début de soirée. Là se trouvaient de confortables banquettes d’un cuir que l’on ne voyait que rarement dans ce genre d’établissement. Les propriétaires vouaient une importance toute particulière au confort de leurs clients, une touche appréciable. Will y prit place sans se faire prier, puis engagea pour de bon la conversation en attendant qu’un serveur les rejoigne.

- « Alors, de quelle façon le Major Kaylin Volkov appréhende-t-elle de rejoindre l’APEX ? Et que fait-elle donc pour évacuer la pression ou se divertir ? »
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MessageSujet: Re: Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...   Ven 26 Mai - 17:54

Touché.

Volkov n’avait absolument pas prévu qu’il se rendrait compte de l’hésitation dont elle avait fait preuve à sur le palier de l’Eclipse. Si le commentaire bien placé de son supérieur sur la question l’interloqua, la rousse n’en perdit pas son sourire espiègle qui se dessina bien plus précisément encore, appréciant visiblement ce genre de “jeu” où l’un cherchait l’autre et réciproquement...

Suivant Kayne, la sibérienne apprécia tout comme elle appréhenda la table choisie, celle-ci se trouvant particulièrement à l’écart. N’ayant plus l’habitude de rendez-vous nocturnes, se retrouver seule avec un homme - en outre son nouvel officier supérieur - ne la mettait pas particulièrement à l’aise. C’est donc avec une tension intériorisée qu’elle prit place en face du biotique, attrapant aussitôt la carte des boissons entreposée sur la table, et baissant les yeux pour l’analyser tandis que le Capitaine engageait la conversation par des questions sûrement banales mais dérangeantes pour la russe…

Croisant les jambes l’une sur l’autre et faisant mine de regarder la liste des cocktails, la jeune femme réfléchissait parallèlement à la réponse à apporter… Répondre la stricte vérité donnerait sûrement à Kayne la même image qu’il avait eue du turien refusé… Il allait donc falloir enrober un peu, ou chercher à s’éloigner habilement des questions initiales…

- « J’imagine qu’elle comptait sur vous pour ça ce soir... » lâcha-t-elle en réponse à la dernière interrogation du militaire.

Son regard émeraude s’était relevé à ces mots sûrement inattendus d’un côté comme de l’autre, plongeant droit dans celui lui faisant face.

Il y eut une seconde de flottement durant laquelle Kaylin réalisa le sens que l’on pouvait donner à sa phrase en définitive très ambigüe. Blya, que foutait-elle ?! N’ajoutant rien à son commentaire par crainte de s’enfoncer, Volkov remercia intérieurement le serveur pour être arrivé l’instant suivant à leur table.

- « Un Psychotic Biotic, s’il vous plait. » commanda t-elle poliment.

Un cocktail audacieux à base de vodka, whisky et bourbon… voilà qui lui permettrait de lâcher un peu prise et de cesser de s’inquiéter de cette soirée - et d'oublier accessoirement ce qu'elle venait de sortir -. Du moins, c’était l’idée... Tendant la carte au serveur et ne pouvant dès lors plus que donner sa toute et pleine attention aux yeux insolemment bleus qui la fixaient en retour, la sibérienne se demanda si elle pouvait dire elle aussi que sa consommation était “à theme pour l’occasion”.... Pour le côté biotique en tout cas.. Pour l’autre… Quoique, allez savoir s’il ne lui ferait pas un jour perdre contact avec la réalité...

- « Je suis fière et honorée d’intégrer l’APEX, mais j’aurais préféré des conditions différentes. Prendre la place d’un mort n’est jamais évident, d’autant moins si les liens de l’équipe initiale étaient particulièrement forts. Mon appréhension n’est donc pas liée aux preuves de mes compétences que je vais devoir fournir à l’équipe toute entière, mais à mon intégration au sein de celle-ci. D’autant que mes capacités sociales sont bien moins développées que mes capacités opérationnelles... Mais j’ai l’intention de m’améliorer sur ce point là. C’est pour cette raison que j’ai accepté ce rendez-vous, et parce que je me mets à votre place. Vous avez perdu l’un des vôtres et vous avez besoin d’apprendre à connaître son remplaçant, et à lui faire confiance. J’imagine que je souhaitais savoir moi aussi à qui je vais confier ma vie sur le terrain... »

Cette dernière phrase lui donna la transition idéale pour enchaîner sur le sujet qui avait préoccupé la jeune femme depuis ce moment étrange au stand de tir…

- « D’ailleurs, si vous pouviez m’éclairer sur vos capacités biotiques. Je n’ai jamais côtoyé un humain en possédant, et nul n’a jamais eu devant moi la manifestation biotique dont vous m’avez fait démonstration tout à l’heure. Si vous n’avez pas une totale maîtrise de vos pouvoirs, j’estime être en droit de le savoir, mais également de connaître leurs déclencheurs, portée et puissance, ainsi que les effets secondaires qu’ils pourraient avoir sur votre personne. ... ... Sans vouloir vous manquer de respect, mon Capitaine.  »

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MessageSujet: Re: Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...   Sam 3 Juin - 20:56

Ce cocktail serait sa bouée de sauvetage. Le témoin de son éventuelle détresse et un moyen de sortir la tête de l’eau et d’esquiver au cas où la discussion tournait vers le sujet qu’il redoutait d’aborder. Sa consommation à petites gorgées le garderait éveillé grâce à cette familière sensation de brûlure intérieure… Du moins est-ce ainsi que le Capitaine voyait les choses alors qu’ils entamaient leur discussion sur ce petit coin de table…

Il était d’ailleurs étonnant de constater qu’en tant qu’instigateur de cette rencontre en dehors du service, le Marine se sentait davantage comme la proie que celui qui tire les ficelles en cet instant. La commande qui passa la rousse lui faisant face auprès du serveur détaché pour leur service le conforta d’ailleurs dans l’idée que cette entrevue s’articulerait selon le schéma déjà bien établi entre eux de piques et petites provocations en tous genres. Pas forcément un mal pour ce qui est de créer de la complicité, mais quelque chose qui pouvait s’avérer risqué pour lui compte tenu de la manifestation surprise de ses pouvoirs. Il n’était pas dans les habitudes de Kayne de montrer un quelconque point faible, même auprès de son entourage. Si ce n’est peut-être sa jeune sœur. Alors cette jeune femme qu’il ne connaissait que depuis quelques heures, bien qu’il connaisse tous les aspects important de sa vie grâce à la consultation de son dossier… c’était inconcevable.

Son petit manège avec le barman trahissait d’ailleurs la question. Plus qu’une feinte pour tenir en respect le Major ou lui jouer un tour, il s’agissait avant tout d’un moyen d’assurer ses arrières. De négocier habilement le début de cette soirée en somme… Il ne pouvait rester sur la défensive tout au long de ce… rendez-vous. Impossible.

Sans doute est-ce le fait qu’il soit si pensif qui fit que William ne nota même pas la phrase à double sens que lui adressa la franc-tireuse, et ce en dépit qu’elle le fixait bel et bien. Non, c’est plutôt le choix de sa consommation qui interpella le biotique, tout comme ce qui suivit pour répondre aux questions qu’il venait de lui poser. Et là on entrait véritablement au sein du sujet qui fâche: ses pouvoirs qui se manifestaient de façon incongrue. Et bien soit, il ne pourrait semble-t-il échapper à la question… allons-y. Le commando entreprit cependant de pointer du doigt un aspect particulier de l’équipe que venait de rejoindre Volkov. Une façon douce et furtive de gagner de précieuses secondes de répit avant le moment fatidique.

- « Turiens, Quariens, Galarien, Asari, Krogan, et Drell officient au sein de l’unité. Tous ont un caractère bien particulier, mais l’un d’eux trouvera certainement comment vous dérider… »


Sans même tenir compte d’une éventuelle réaction de son interlocutrice, le trentenaire avala avec importante gorgée de son « Osaka Dry », histoire de se donner du courage. La sensation de brûlure qui naît au creux de la gorge pour ensuite se décaler vers l’œsophage était bien là… Elle lui permit même d’aligner ses mots d’un ton monocorde.

- « Vous voulez parler biotique, hein ? Très bien…  Ce que vous avez vu… c’était… une marque d’inattention. J’ai été formé à Grissom pour apprendre à maitriser ces dons. Puis j’ai suivi un cursus d’officier des Marines… études payées par l’Alliance, au grand dam de mes parents. J’ai suivi les enseignements d’une Chasseresse Asari pendant les deux années de l’invasion Kert histoire de peaufiner mes talents. Je suis capable d’abattre un homme sans arme ou même le toucher, me couvrir moi ou mes équipiers des tirs ennemis durant un certain temps tout en les expédiant à l'envoyeur… Renverser une escouade au complet ou l’envoyer voler d’un coup de poing en canalisant l’énergie noire autour de mon bras. Aujourd’hui je fais partie de ce qui se fait de mieux en matière de biotique offensive au sein de l’Initiative et de cette galaxie… Pourtant… »

Nouvelle lampée, cette fois-ci bien plus importante, puisqu’il vida le reste du contenu de son verre à cocktail d’une traite. Bordel, il allait le faire… Mais quel con !

- « Pourtant mes pouvoirs se sont manifestés d’une façon inattendue, même pour moi, à l’instant où je me suis perdu à contempler vos yeux durant un moment d’écart… L’éclat de ce vert qui s'en dégage m’a remémoré certains souvenirs heureux que j’ai pu avoir. Des trucs auxquels je n’imaginais même pas repenser un jour. Je n’y comprends rien moi-même... » finit-il par avouer avec un sourire qui se fit cette fois contrit et un regard fuyant.

Voilà, il était définitivement grillé… Il allait falloir un paquet de verres pour mettre cette discussion au ban des moments gênants qu’il est bon d’oublier.
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MessageSujet: Re: Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...   Dim 25 Juin - 1:20
L’ambiance feutrée offerte par les douces lumières orangées de ce coin du bar lui donnait une impression de crépuscule. Ce jour s’achevait sur une seconde rencontre qui s'avérerait finalement bien plus intense que la première pour l’une de ces deux silhouettes assises là… Ou peut-être même le serait-elle pour toutes les deux...

Si des gens commençaient à affluer à l’intérieur, un homme ne s’était pas encore risqué à les imiter, demeurant discrètement devant l’établissement à observer d’un regard d’amertume cette femme qu’il avait suivi et qu’il trouvait toujours autant magnifique. Mais il n’était manifestement plus le seul à qui elle accordait son attention, et c’est ce qui fut révélé à la sibérienne au même instant.

Il y eut à nouveau un flottement. Un silence de surprise et de gêne, durant lequel lequel un air confus et rosi s’était invité sur le visage éburné de la rousse. Les yeux verts de celle-ci avaient fini par fuir eux aussi, ne sachant plus où regarder et étant trop déroutés à l’idée de rencontrer à nouveau ceux de leur contemplateur.  Ainsi donc Kaylin avait fait perdre ses moyens à un biotique sur-entraîné… Voilà qui lui était aussi intéressant que dérangeant…

Les lèvres de la jeune femme s’étaient un temps entrouvertes, ayant eu pour ambition de répliquer quelques mots à cette confidence déstabilisante, mais y renoncèrent sur l’instant, cherchant finalement courage et répartie dans une interminable gorgée du Psychotic Biotic que l’on venait de déposer là. Volkov ne perçut même pas la brûlure dans sa gorge tant son esprit troublé par les mots ne parvenait à se concentrer sur l’alcool. Reposant finalement son verre, la russe redressa le regard, en tâchant toutefois de le rendre à nouveau impénétrable.  

- « Je ne vous connais pas suffisamment encore pour pouvoir dire si la flatterie est une technique de manipulation chez vous, mais je dois reconnaître que… vous êtes plutôt compétent en la matière... » commenta t-elle avec un sourire en coin.

Passé ce moment d’égarement intérieur, la prudence de la russe refit surface. Après tout, ils ne se connaissaient pas, ou du moins, elle ignorait tout de lui. Etait-il un joueur ? Un coureur ? Un testeur ? … ou un authentique ? Volkov s’était mise à douter de sa confidence, venant à s’imaginer que son supérieur était tout simplement entrain de lui faire passer une épreuve supplémentaire. Après tout, elle intégrait une équipe d’élite, alors cela n’aurait rien eu d’étonnant que l’on cherche à savoir ce dont elle était capable... comme mettre en péril une mission à cause d’une relation avec un membre du groupe...

Kayne avait-il eu vent de sa relation avec Weissner ? L’éventualité la mit d’autant plus sur la défensive...

- « Ne seriez-vous pas entrain de tester ma connaissance et mon respect du règlement intérieur de l’APEX, mon Capitaine ?  » fit-elle alors d’une manière sérieuse et d’un regard très attentif.

Mais ses yeux bien trop focalisés sur la réaction du militaire ne virent pas arriver la silhouette familière qui débarqua soudainement à côté.  

- « Tu sais quoi Kay’ ? Finalement je ne regrette rien de ce que je t’ai dit, parce que tu ne perds pas de temps à ce que je vois… Ou peut-être que c’est ce type qui est la cause de tout, hein ? C’est ça ?!  »

Mais la jeune femme prise complètement au dépourvu n’eut pas le temps de répliquer quoique ce soit que Weissner se tourna vers William en le traitant « d’espèce de crevure » avant de lui mettre une puissante droite, sans se douter de qui il avait en face… Kayne réagit aussitôt, l’attrapant pour le balancer violemment sur la table, faisant par la même occasion voler les verres qui vinrent se briser au sol sous le regard assez désemparé de la sibérienne.

- « Vous allez commencer par vous calmer, ou j'en viendrais à vous briser le bras en trois morceaux. Puis, vous allez vous expliquer sur ce coup de sang, ou bien on en arrivera à utiliser des mesures plus drastiques... »

La rage de Kayne se manifesta par un intense et inquiétant halo biotique autour de lui, ce qui ne manqua pas d’autant plus alarmer les clients les plus proches. Un brouhaha commença à se faire entendre dans le bar, et nul doute que la sécurité serait rapidement appelée.

- « Messieurs, je vous en prie ! » s’était exclamée la russe.

À présent debout, Kaylin qui se tenait à côté de son supérieur posa sa main sur le bras de celui-ci pour chercher à l’apaiser, craignant qu’il use de sa biotique sur Weissner qui avait manifestement bu.

- « Arrêtez ça ! » supplia t-elle aux deux tout en jetant un oeil autour, où tous les regards étaient rivés vers eux. « Capitaine, s’il vous plait. »

Son supérieur finissant par s’écarter, Volkov se chargea de Wayne en l’empoignant par sa veste et en le tirant brutalement à quelques mètres de là pour avoir une “discussion” avec lui. De là où Kayne se trouvait, il put entendre l’insulte russe “mudak” fuser, ainsi que le magnifique claquement d’une main sur une joue, avant que le Major revienne vers lui d’un pas particulièrement énervé. Derrière elle, Weissner les fixait en se massant la mâchoire et lança un regard du type “Tu la touches, t’y passe..” à l’officier lorsqu’il le dépassa pour quitter les lieux.

- « Je suis vraiment désolée, Monsieur. » s’excusa t-elle tout en attrapant une serviette pour venir spontanément la placer délicatement sur le nez saignant de son supérieur, son autre main venant machinalement se poser sur l’une de ses joues pour immobiliser son visage. « Votre nez n’est pas cassé. »  fit-elle d’un oeil expert.

Réalisant finalement sa proximité que tous pouvaient admirer, Volkov s’écarta en laissant à son supérieur la charge de conserver la compresse improvisée sur son visage.

- « Allons-nous en, s’il vous plaît. La sécurité va arriver. Je ne veux pas créer d’autre problème.  »

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MessageSujet: Re: Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...   Mar 4 Juil - 1:45

Dans le boulot de William, on ne  sait pas toujours ce dont la journée sera faite lorsque l’on se lève le matin. Il est certes important de s’en tenir à une hygiène de vie stricte et un emploi du temps calibré au moindre détail pour un soldat d’élite, mais l’incertitude même des questions de déploiement ou rencontres que l’on peut faire dans ce genre de carrière est elle aussi de la partie. Mais s’il s’attendait à cela en posant le pied hors du lit ce matin-là… Entre son trouble durant la démonstration au tir de la rousse et cette arrivée soudaine d’un parfait inconnu venu se joindre aux « festivités du gênant » de façon percutante, l’imprévisible dominait incontestablement leur première rencontre…

Ce qui est sûr en revanche, c’est que le Capitaine sentit très clairement passer l’entrée fracassante de Weissner. Oh évidemment un gars de sa trempe n’en était pas à son premier coup dans la tronche, mais il était toujours compliqué de s’habituer à une douleur soudaine dispensée par surprise. A n’en point douter il y avait derrière tout ça une histoire qui lui échappait totalement… Mais la situation ne se prêtait pas vraiment aux explications. Que se soit le coup de sang qui monta chez Kayne ou le lieu qui relevait de la sphère publique, un scandale pouvait éclater très simplement.

Il s’en fallut de peu pour que le  Marine ne déchaine ses pouvoirs sur l’ex de la rousse, lui qui s’entrainait pourtant à une maitrise pleine et entière de son potentiel. La raison pour perdre ainsi ses moyens ? Peut-être ce même trouble qu’il lui avait précédemment ressentir en sa présence. Une question qui pourrait s’avérer problématique à long terme.

- « Bordel de… Vous avez bien fait de nous extraire de cet endroit si vite… Il aurait été… »
Maugréa-t-il en sortant du café le nez en sang.

Quelque peu sonné par le contrecoup, le biotique dirigea inconsciemment la rousse vers une destination toute autre que celle à laquelle il s’attendait. Leur pas les menèrent vers un des panoramas qui faisaient la renommée du Nexus auprès des colonies et leurs alliés Angaras. Là, devant les innombrables constructions et le trafic intense qui filait plus vite que la rivière en contrebas, le Capitaine s’adossa sur la rambarde la plus proche. Perdu dans la contemplation du paysage à mesure qu’il reprenait ses esprits, il bredouilla quelques temps avant de parvenir à aborder le sujet le plus logique après un tel incident…

- « On peut dire que vous savez faire forte impression le premier jour… Qui c’était ce type au juste ? Un soupirant éconduit ? Il sait frapper, faut le reconnaitre, mais s’en prendre à quelqu’un qui peut se défendre et dans son état… pas très malin.  » jugea-t-il  avec ce qui s’apparentait à un sourire presque amusé sur les lèvres.

Oui, une journée véritablement originale… Restait à faire en sorte que personne en dehors d’eux ne puisse prendre connaissance de son déroulement. Il serait préjudiciable de devoir payer les pots cassés d’une incident aussi stupide…

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Elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue...

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